Des prénoms ou pas de prénom ?

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les prénoms de mes personnages principaux forment une rime dans le titre. Ce petit détail me plaisait d’autant plus que le jeune Éthan existe dans la « vraie vie ». C’est un petit garçon tout aussi blond et végane que dans le livre ! Le reste est bien sûr inventé, mais ce jeu autour des sons m’amuse beaucoup, je ne dois pas être orthophoniste pour rien…

Vous avez peut-être vu aussi que les personnages secondaires n’ont pas de prénom. Pourquoi donc ? C’est tout simple, cela permet une plus grande identification de la part des lecteurs.
J’ai d’ailleurs eu confirmation de cet aspect ce matin puisqu’une maman m’a confié que son fils appelait la grande sœur de Nicolas « Anna », comme sa sœur à lui.
Quel bonheur pour moi de découvrir ce retour !

Et chez vous, ça se passe comment ? Quelles sont les réactions de vos enfants vis-à-vis de ces prénoms ou de cette absence de prénom ?

Album jeunesse tendresse et bienveillance

À lire aussi : pourquoi des textes si courts ?

Café littéraire au Ti’Boussa

Aujourd’hui, je suis particulièrement heureuse de vous annoncer ma première participation au Café Littéraire du Ti’Boussa.

Le Ti’Boussa, c’est un excellent café solidaire. J’y vais habituellement pour donner des conférences sur le thème du développement de l’humain (voir les ateliers du lama). Cette fois-ci, j’ai été invitée par l’une des bénévoles, Nathalie, pour participer à un café littéraire.
Je vous y présenterai l’ensemble de mes ouvrages sous trois grands chapitres :
le choix de la littérature de l’imaginaire pour parler de notre monde (sexisme, éducation, émotions…) ;
la littérature contemporaine, une porte vers le développement personnel et la spiritualité ;
la littérature jeunesse, source de partage(s).

Je vous donne donc rendez-vous au Ti’Boussa jeudi 2 mars à partir de 20h30.
J’espère que vous serez nombreux à venir me rencontrer !

Des textes courts !

Vous l’avez peut-être remarqué, lorsqu’il s’agit d’albums jeunesse, mes textes sont très courts.
Alors certes, je suis aussi adepte des nouvelles, on pourrait penser que c’est juste parce que j’aime ce qui est synthétique (quoiqu’en voyant le pavé de Balade avec les Astres on puisse en douter…).
Vous vous doutez que si j’écris un article à ce sujet, c’est que c’est un peu plus que ça !

Les textes courts permettent de rendre mes albums accessibles même aux plus petits. Lire un livre avec son enfant, c’est possible dès la naissance ! (À ce sujet, il faut saluer l’excellente initiative de mes collègues avec l’action 1 bébé – 1 livre.)

Les textes courts permettent de partager un livre entier même quand la fenêtre attentionnelle est encore limitée.

Les textes courts permettent de lire plusieurs fois de suite un même livre à son enfant même lorsque le temps est compté ! Or, répéter une histoire identique à sa demande est capital pour le développement de votre enfant. (Vous le connaissez tous, avouez, ce dixième « encore ! » enthousiaste…)

Les textes courts permettent aux nouveaux lecteurs de se lancer sans se décourager. (Attention cependant, ce n’est pas parce qu’un enfant est lecteur qu’il n’a plus besoin qu’on lui lise des histoires, continuez à faire la lecture autant que votre enfant le réclame, ça n’entravera pas ses compétences, au contraire !)

Bref, je vois tellement d’avantages aux textes courts que vous n’avez pas fini d’en découvrir.
Bientôt, je vous présenterai L’arbre à chats et L’enlumineur des étoiles mais ça, ce sont deux autres histoires…

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Mon copain Éthan est végane

À lire aussi : Pourquoi le choix d’une écriture cursive ?

Quelle police d’écriture choisir pour un album jeunesse ?

Vous l’avez peut-être remarqué, j’ai choisi une police d’écriture en cursive (attaché) pour mon album jeunesse Mon copain Éthan est végane et ce n’est pas un hasard…

Récemment, un ami m’a fait remarquer que c’était surprenant parce qu’à l’école, son fils apprenait à lire et écrire en script et que c’était peut-être un peu gênant que mon livre soit en attaché.

Alors pourquoi ce choix ?

De mon point de vue, le fait d’enseigner aux enfants la lecture et l’écriture en script en première intention est une erreur pédagogique pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il existe une période normale pendant laquelle le cerveau des enfants ne va pas pouvoir différencier les lettres symétriques telles que p/q b/d. Lorsqu’on présente ces mêmes lettres en écriture cursive, ce phénomène « en miroir » disparaît. Les signaux envoyés au cerveau sont donc moins complexes, ce qui permet un apprentissage plus aisé et limite les risques de confusions visuelles.

Pourquoi l'attaché dans les albums jeunesse

Lorsque la lecture est ensuite automatisée, le cerveau est finalement capable de lire toutes les polices d’écriture (dont le script) sans plus vraiment de risques de confusions. C’est donc une énorme économie d’énergie !

Le fait d’attacher les lettres d’un même mot facilite également l’apprentissage de la segmentation. Les erreurs de segmentation sont fréquentes en cours d’apprentissage et majorées par le choix du script.

D’autre part, l’écriture cursive, de par son aspect lié, permet d’utiliser plus facilement les aspects kinesthésiques pour optimiser la mémorisation. Elle aide donc le cerveau à encoder, stocker puis récupérer l’information en recrutant un réseau de neurones plus large, ce qui est de meilleur pronostic pour la qualité de l’orthographe.

Enfin, l’écriture cursive automatisée permettra par la suite une prise de note manuscrite plus rapide, ce qui peut être utile dans certaines circonstances.

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Un petit lien pour compléter ce court billet par ici !

À lire aussi : Pourquoi des textes courts pour les albums jeunesse ?

 

Pour un autre Noël

Dans ma petite famille, nous aimons un certain Noël

Un Noël qui privilégie le fait main. Nous avons beaucoup fait travailler Bé Lule et Isaa, par exemple.
Un Noël qui privilégie la récup’ avec quelques cadeaux d’occasion.
Un Noël qui privilégie la vie et donc 100% végane !
Bref, un Noël qui privilégie la douceur et la joie de vivre, en toute simplicité.

Et vous, quel a été votre Noël ?

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Faire ou laisser faire ?

D’un côté, il faudrait laisser les enfants se débrouiller tout seul sans jamais intervenir, d’un autre, il faudrait tout faire à leur place… Comment s’y retrouver entre tous ces conseils contradictoires ?

Ce que je vous propose, c’est de prendre un peu de hauteur pour observer tout ça de plus loin…

Situation 1 :
Imaginons une petite histoire, vous rendez visite à votre grand-mère qui vient de subir une lourde opération. Elle est encore un peu groggy et cherche ses mots lors de votre conversation. Comment réagirez-vous ?
1. Je la réprimande. « Allons Mamie, tu le connais ce mot-là, vas-y, dis-le ! »
2. Je reste calme et patient(e). « Prends ton temps Mamie, j’ai tout mon temps. J’attends. »
3. Je parle à sa place et comble au maximum pour l’empêcher de se sentir en difficulté. « Bla, bla, bla. »
4. Je lui propose mon aide en maintenant la conversation. « Ah oui, tu veux parler du repas ? Tu as mangé du potage, c’est cela ? »
Et vous, quand vous cherchez vos mots à cause de la fatigue, comment voudriez-vous que votre conjoint réagisse ?

Situation 2 :
Vous rentrez du travail et votre conjoint est en train d’essayer d’ouvrir la porte. Il/elle galère un peu car il/elle est chargé(e) plusieurs sacs de courses ce qui gêne ses mouvements. Comment réagissez vous ?
1. Je le/la réprimande. « Dépêche-toi ! Tu vois bien que je veux rentrer, il commence à pleuvoir ! »
2. Je reste calme et patient(e). « Vas-y, tu vas y arriver, je te fais confiance. »
3. Je fais à sa place. « Laisse-moi faire, tu n’y arrives pas ! »
4. Je lui propose mon aide. « Tu as l’air bien chargé(e) ! Veux-tu que je prenne quelques sacs ? »
Si c’était vous en difficulté, comment souhaiteriez-vous que votre entourage réagisse ?

Situation 3 :
Votre conjoint(e) a décidé de réaliser un gâteau décoré très complexe. Il/elle se retrouve en difficulté. Comment réagissez-vous ?
1. Je le/la réprimande. « Eh voilà ! Tu vas encore gâcher des aliments ! Tu pourrais faire un effort ! »
2. Je reste calme et patient(e). « Je te regarde, tu vas y arriver, je te fais confiance. »
3. Je fais à sa place. « Laisse-moi faire, tu vois bien que tu n’y arrives pas ! »
4. Je lui propose mon aide. « As-tu besoin d’un coup de main ? Si jamais, je suis dispo. »
Si c’était vous en difficulté, comment souhaiteriez-vous que votre entourage réagisse ?

On peut bien sûr imaginer d’autres réactions ainsi que des réactions intermédiaires. Mais vous voyez l’idée ? En replaçant chaque situation dans un autre contexte qui impliquerait des relations entre deux adultes, comment réagirions-nous ?
On se rend alors compte que notre façon de faire vis-à-vis des enfants est souvent très différente. Pourquoi ? Est-ce juste ?
Certes, il faut tenir compte du développement de l’enfant… mais comme nous tiendrions compte de l’arthrose de Papi, de la phobie de Tata ou de la fatigue de Huguette !

Qu’en pensez-vous ?

Laisser faire les enfants

Donner ce que l’on n’a pas reçu

Quelle tâche difficile que d’être parents !

Et, parmi toutes ces difficultés, l’une me semble supérieure aux autres, il s’agit de donner à ses enfants ce que nous n’avons nous-même pas reçu.

Comment donner la tendresse lorsque nous avons subi la violence éducative ?
« Tu veux une bonne fessée ? »

Comment donner la confiance lorsque le moindre de nos actes était sujet au doute ?
« Attention, tu vas tomber ! »

Comment donner l’amour inconditionnel lorsque nous n’avons connu que sa version conditionnelle ?
« Moi, je n’aime pas les petits garçons avec de la morve au nez ! »

Comment donner l’égalité lorsque nous n’avons connu que la domination ?
« Chez moi, c’est une dictature éclairée ! »

Comment donner le libre-arbitre lorsque nos choix n’étaient pas respectés ?
« Tu veux vraiment sortir avec cette tenue ?! On dirait un as de pique ! »

Comment donner la tolérance qui ne nous a pas été accordée ?
« Mais fais un peu attention ! Quelle maladroite ! »

Comment donner l’attention dont nous avons été privé ?
« Mais va bouder, tu ne m’intéresses pas ! »

Comment donner le choix que nous n’avons jamais eu ?
« C’est comme ça et pas autrement, on ne discute pas ! »

Comment donner le respect dont on a cruellement manqué ?
« Arrête de pleurer, tu es ridicule ! »

Comment donner nos propres limites posément lorsqu’elles n’ont jamais été prises en compte ?
« Il n’y a pas de non qui tienne, tu obéis tout de suite ! »

Et la liste pourrait être longue encore…

Alors soyons tolérants envers nous-mêmes et nos erreurs.

Bienveillance bien ordonnée commence par soi-même !

Donner ce qu'on n'a pas reçu

Ce n’est rien !

Il y a quelque temps, je vous faisais part d’une anecdote de mon enfance qui permettait d’illustrer le droit à l’erreur pour les parents. Comme j’évoquais mes soucis d’endormissement et mon anxiété, on m’a demandé si mon père avait conscience de cet aspect de ma personnalité. La réponse est oui, assurément !
À cette époque, le développement de l’enfant était peu connu. Nos parents, comme la plupart des parents, faisaient le maximum pour nous et avec beaucoup d’amour. Cependant, les fausses croyances en matière d’éducation étaient encore plus nombreuses, coupant encore plus des ressentis profonds. Combien de mères et de pères ont dû angoisser, impuissants, en entendant leur enfant pleurer seul derrière une porte close ?
« Ça leur fait les poumons ! » « Il vous manipule ! »…
De même, se connecter à ses émotions n’était pas bien considéré. Nous pensions alors qu’en niant ces émotions jugées négatives, nous pouvions les faire disparaître.
« Mais non, ça ne fait pas mal ! « Ce n’est rien ! » « Arrête de pleurer » « Calme-toi ! » « Mais si, c’est bon ! »…
Or, nous savons aujourd’hui que c’est précisément l’effet inverse qui se produit. Lorsque nous nions les émotions, que nous les cachons sous le tapis, nous devenons en quelque sorte handicapés. La maturation de notre cortex préfrontal ne se fait pas de manière optimale et nous éprouvons alors des difficultés à prendre du recul vis-à-vis de nos émotions puis à les calmer*.
Heureusement, la science donne maintenant raison à nos élans intérieurs, encore faut-il se reconnecter à eux. Pour nous autres humains, c’est tellement difficile de faire taire la culture apprise pour écouter notre cœur !
Ainsi, en troquant notre politique de l’autruche contre un discours empathique, nous favorisons la maturation de ce qui fait de nous des humains à part entière.
Notre potentiel est infini, ne le gâchons plus !
« Je vois que tu es tombé, tu pleures. As-tu eu peur ? mal ? »
« Oh ! Tu sautes partout, tu sembles joyeux, n’est-ce pas ? »
« Oups, tu grimaces quand je te démêle les cheveux. Est-ce douloureux ? »
« Ah, tu n’aimes pas les pâtes à la sauce tomate, c’est cela ? »
« Je t’ai demandé d’arrêter ton jeu, je vois que tu es en colère. Tu dois te sentir frustré de suspendre une activité si passionnante… »
etc.

Les ateliers du lama

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* Je vous conseille le livre  du Dr Catherine Guéguen pour approfondir cet aspect et retrouver toutes les références scientifiques : Pour une enfance heureuse.

De nouvelles connexions pour le cerveau

Vous avez peut-être déjà vu cette adorable vidéo sur le net ? Ce sont typiquement les actions qui pourraient nous amener à nous fâcher contre nos enfants. Ce sont pourtant des gestes hautement raffinés qui permettent la mise en place de connexions neuronales et le développement de l’intelligence future de nos enfants. Toutes ces actions ont un sens et font sens pour le jeune humain. Elles posent les bases, les fondations de son être. Lorsque nous avons connaissance de ce qui se cache derrière ces comportements chronophages pour l’adulte, notre regard change, nous passons de l’agacement à l’émerveillement*, nous accompagnons au lieu de limiter et nous permettons ainsi à nos enfants de développer tout leur potentiel.

À travers les ateliers du lama, je vous propose justement de décrypter ces comportements pour passer de l’agacement à l’émerveillement !

Pour une meilleure connaissance de l'humain

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* Comprendre et s’émerveiller n’est bien sûr pas synonyme de laxisme, il s’agit de se connecter à ses propres limites et de les partager avec son enfant en toute bienveillance.

Le droit à l’erreur

Aujourd’hui, j’avais très envie de partager avec vous un souvenir de mon enfance.

J’avais environ 8 ans. Déjà à l’époque, je lisais énormément et j’avais besoin d’un temps de lecture avant de m’endormir. Le sommeil était quelque chose de très compliqué pour la petite fille anxieuse que j’étais. Il me fallait le plus souvent plusieurs heures d’ennui et de stress dans mon lit avant de trouver le sommeil.

Ce soir-là, je bouquine tranquillement tandis que mon papa dort dans sa chambre, de l’autre côté du couloir. Mon père avait cette capacité incroyable (pour moi !) de s’endormir en quelques secondes mais il pouvait aussi se réveiller très facilement. C’est exactement ce qui est arrivé…
Se réveillant et constatant que la lumière est toujours allumée de mon côté, il se fâche un peu en me priant d’éteindre. Je lui demande si je peux terminer mon chapitre, chose qu’il accepte. Quelques minutes plus tard, tandis que j’achève ma lecture, il se réveille à nouveau. Voyant la lumière toujours allumée, il se met dans une grande colère, se lève, m’administre une fessée, éteint de force ma lumière puis retourne se coucher.

Qu’ai-je ressenti à ce moment-là ? Tout d’abord, une grande injustice puisque j’avais respecté ma part du marché et qu’il n’avait tenu aucun compte de mes protestations, sûr d’avoir raison et que j’avais tort de mon côté. Ensuite, j’ai ressenti de la haine pour ce papa que j’aimais pourtant si fort, j’ai perdu confiance en lui. J’ai également ressenti une immense humiliation vis-à-vis de cette fessée. J’avais envie de disparaître, de ne plus exister. J’avais l’impression que, quels que soient mes efforts et quand bien même je respectais les règles établies, je ne pouvais que susciter la déception de mes proches. À quoi bon suivre les règles dans un tel cas ?

Mon père n’a jamais accepté son erreur et je suis restée avec ces ressentis négatifs. Que se serait-il passé s’il était revenu vers moi pour s’excuser ?
Voici ce que j’imagine : j’aurais été soulagée de voir que je n’avais rien fait de mal, j’aurais été plus encline à suivre les règles par la suite. J’aurais également ressenti du respect pour mon papa, j’aurais conservé ma confiance en lui et j’aurais compris que l’erreur est humaine, qu’elle permet de grandir.

Quand des injustices de ce type se répètent, comment peut-on se forger une bonne estime de nous-même et des autres ?

Et si, contrairement à ce qui est souvent expliqué, en acceptant nos propres erreurs vis-à-vis de nos enfants et en les reconnaissant, nous leur apprenions le VRAI respect ?

le droit à l'erreur