Le droit à l’erreur

Aujourd’hui, j’avais très envie de partager avec vous un souvenir de mon enfance.

J’avais environ 8 ans. Déjà à l’époque, je lisais énormément et j’avais besoin d’un temps de lecture avant de m’endormir. Le sommeil était quelque chose de très compliqué pour la petite fille anxieuse que j’étais. Il me fallait le plus souvent plusieurs heures d’ennui et de stress dans mon lit avant de trouver le sommeil.

Ce soir-là, je bouquine tranquillement tandis que mon papa dort dans sa chambre, de l’autre côté du couloir. Mon père avait cette capacité incroyable (pour moi !) de s’endormir en quelques secondes mais il pouvait aussi se réveiller très facilement. C’est exactement ce qui est arrivé…
Se réveillant et constatant que la lumière est toujours allumée de mon côté, il se fâche un peu en me priant d’éteindre. Je lui demande si je peux terminer mon chapitre, chose qu’il accepte. Quelques minutes plus tard, tandis que j’achève ma lecture, il se réveille à nouveau. Voyant la lumière toujours allumée, il se met dans une grande colère, se lève, m’administre une fessée, éteint de force ma lumière puis retourne se coucher.

Qu’ai-je ressenti à ce moment-là ? Tout d’abord, une grande injustice puisque j’avais respecté ma part du marché et qu’il n’avait tenu aucun compte de mes protestations, sûr d’avoir raison et que j’avais tort de mon côté. Ensuite, j’ai ressenti de la haine pour ce papa que j’aimais pourtant si fort, j’ai perdu confiance en lui. J’ai également ressenti une immense humiliation vis-à-vis de cette fessée. J’avais envie de disparaître, de ne plus exister. J’avais l’impression que, quels que soient mes efforts et quand bien même je respectais les règles établies, je ne pouvais que susciter la déception de mes proches. À quoi bon suivre les règles dans un tel cas ?

Mon père n’a jamais accepté son erreur et je suis restée avec ces ressentis négatifs. Que se serait-il passé s’il était revenu vers moi pour s’excuser ?
Voici ce que j’imagine : j’aurais été soulagée de voir que je n’avais rien fait de mal, j’aurais été plus encline à suivre les règles par la suite. J’aurais également ressenti du respect pour mon papa, j’aurais conservé ma confiance en lui et j’aurais compris que l’erreur est humaine, qu’elle permet de grandir.

Quand des injustices de ce type se répètent, comment peut-on se forger une bonne estime de nous-même et des autres ?

Et si, contrairement à ce qui est souvent expliqué, en acceptant nos propres erreurs vis-à-vis de nos enfants et en les reconnaissant, nous leur apprenions le VRAI respect ?

le droit à l'erreur

2 réflexions sur “Le droit à l’erreur

  1. Pingback: Ce n’est rien ! | Jeanne Sélène

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